Observations « participantes » de Marc Lavergne chercheur au CNRS / An insider’s view about the course of events in the Middle East and the Horn of Africa

De Dubai au Darfour, de Beyrouth à Bagdad…
14 juillet, 2011, 19:02
Classé dans : Accueil

A la convention annuelle Vinci 2007De Dubai au Darfour, de Beyrouth à Bagdad... dans Accueil visitelamistin1.vignetteToilette du matin dans Silia encerclée, Ouest-Darfour, octobre 2004Iftar à Nyala, chez mon vieil ami S.K., novembre 2004Fati, Medinat Jumeirah, novembre 2006wadi Ram 3wadi Rum 2Wadi RumWadi RumUniversité libanaise, 1995Samail, chez un ami poèteoumt SouqAux Lieux saints du chiismeAu mariage de mon ami MohamedEquipage d'un technical à Kormaarmementtechnical.jpgaveclessoldatsdabdelwahidkorma.jpgUne réunion au CERMOC



Le Magazine de l’Afrique • avril – mai 2014 L’aide humanitaire entre droit et devoir d’ »ingérence
8 avril, 2014, 23:54
Classé dans : Darfur,Humanitaire,Soudan,Sud-Soudan

De l’engagement bénévole à la professionnalisation
d’un acteur-clé des conflits, l’aide humanitaire est
prise au piège de l’instrumentalisation. Elle devient
une composante de la diplomatie. Par Marc Lavergne
La première ONG est la Croix-
Rouge, fondée par un groupe
de citoyens genevois à la suite
de la guerre de Crimée. Elle
est l’ancêtre du CICR de Genève,
organisation de droit privé dont le
statut international est reconnu par la
plupart des pays du monde, et par les
institutions internationales. À la suite
de la première, puis de la Seconde
Guerre mondiale, ont été créées des
agences internationales dépendant de la
Société des Nations, puis des Nations
unies. Leur mission est d’intervenir au
nom de la communauté internationale
pour apporter un secours aux victimes
de ces conflits mondiaux, puis de la
guerre froide et de la décolonisation :
Programme alimentaire mondial,
Haut-commissariat des Nations unies
pour les réfugiés, UNRWA, Unicef…,
aujourd’hui présents sur tous les
théâtres de conflits internationaux ou
de guerres civiles.
L’ingérence humanitaire est donc
un droit validé par l’ONU : droit des
peuples à disposer d’eux-mêmes, certes,
mais devoir d’assister les populations
en danger. Ce droit et ce devoir sont
inscrits dans la Déclaration universelle
des droits de l’Homme, dans les
conventions de Genève, ainsi que dans
les chapitres VI et VII de la Charte de
l’ONU. Ce dernier prévoyant les cas
et les conditions d’intervention d’une
force internationale pour contraindre
un gouvernement à cesser d’exercer des
violations de droits de l’Homme massives
à l’égard de sa propre population.
L’aide humanitaire,
entre droit
et devoir d’ingérence
Mais ces droits entrent en contradiction
avec l’autre principe fondamental
de l’ONU, qui est la défense de la souveraineté
éminente des États. Et leur mise
en application varie un peu trop souvent
en fonction de considérations opportunistes
et des intérêts des grandes puissances
qui dominent l’ONU, c’est-à-dire
les cinq membres du Conseil de sécurité.
D’un côté, les puissances occidentales,
pétries de culture judéo-chrétienne qui
met au premier plan les notions de justice
et de fraternité, de l’autre la Russie
et la Chine, jalouses de leur souveraineté
exclusive sur leur territoire et leur
population, et qui ne rechignent pas à
l’étendre par la force. Et, sur l’ensemble,
plane une bonne dose d’hypocrisie qui
consiste à éviter autant que possible de
s’immiscer dans les affaires intérieures
d’un État, au risque de créer un précédent
qui pourrait se retourner contre soi.
Au tournant des années 1990, avec
la chute du mur de Berlin et l’irruption
en force d’une nouvelle mondialisation,
est apparue une notion superlative, celle
non plus du droit d’ingérence inventé
par Grotius au XVIIe siècle, mais du
devoir d’ingérence, « inventé » par le
juriste international Mario Bettati, soutenu
par Bernard Kouchner, secrétaire
d’État français à l’Action humanitaire.
Au nom des droits de l’Homme, la
souveraineté des États serait, selon ses
promoteurs, mise sous le contrôle permanent
de « la communauté internationale
» et des associations représentatives
de la conscience mondiale. Cette avancée
supposée se heurte à des difficultés
d’application, qui tiennent à la question
de savoir qui détiendrait le pouvoir de
décider de l’opportunité et de la forme
des interventions internationales, et où
se cantonnerait désormais la notion fondatrice
des États qu’est la souveraineté.
Néanmoins, l’activation récente de la
Cour pénale internationale (CPI) est
une première forme de mise en oeuvre
de cette notion.
Les organisations humanitaires,
pionnières de l’ingérence
Les organisations humanitaires
qui interviennent dans les conflits ont
depuis longtemps, fondé leur action sur
un devoir d’ingérence humanitaire qui
prend la forme de traversées clandestines
des frontières pour accéder aux champs
de bataille et aux populations en danger.
Du réduit biafrais aux maquis angolais,
de l’Afghanistan occupé par l’Armée
rouge aux tranchées d’Érythrée, les
humanitaires ont depuis l’origine, violé
la souveraineté des États coloniaux ou
oppresseurs.
Mais cette liberté elle-même, qui fait
partie de la geste humanitaire, devient de
plus en plus illusoire. En effet, l’humanitaire
devient au fil des ans une composante
essentielle des relations internationales
au coeur des conflits et est de ce fait
soumis à des contraintes et des injonctions
auxquelles il lui est de plus en plus
difficile de résister.
L’humanitaire est devenu, soit un
complément essentiel des interventions
diplomatiques ou militaires sur
les conflits d’un genre nouveau apparus
depuis la mondialisation, soit un
ersatz d’interventions diplomatiques ou
militaires marquées par l’impuissance,
quand ce n’est pas l’indifférence. Parallèlement,
il s’est professionnalisé et ses
budgets ont explosé, qu’ils financent les
opérations elles-mêmes ou leur gestion
courante, marquée par un accroissement
exponentiel des moyens techniques
nécessaires. La tendance suit en
cela l’exemple de la débauche de moyens
mis en oeuvre par l’ONU et ses agences
spécialisées. Les moyens financiers des
donateurs privés d’Occident n’étant pas
illimités, la concurrence entre organisations
humanitaires s’est accrue pour
accéder aux donateurs privés : d’où la
mise en oeuvre de diverses stratégies
de communication, qui, parallèles ou
articulées avec celles des médias, visent
à sensibiliser l’opinion à l’occasion de
chaque crise « porteuse ».
Heureusement, de nouveaux guichets
de financement publics se sont
développés, et compensent l’épuisement
des bonnes volontés privées.
Ces nouvelles sources de financement
poursuivent, à travers l’aide qu’elles
accordent aux ONG, des objectifs
essentiellement politiques. Les règles
du jeu sont donc désormais radicalement
modifiées, puisque le concept
originel des ONG est battu en brèche.
L’abondance des fonds offerts a incité
à l’inflation de la création d’ONG qui,
dépourvues d’assise populaire ou professionnelle,
répondent aux appels d’offres
qui ne laissent plus place à l’initiative de
leurs membres.
ECHO, bras humanitaire de
l’Union européenne, alimente ainsi des
dizaines d’ONG soumises aux volontés
qui se dégagent de la nébuleuse bruxelloise,
tandis qu’à New York, OCHA
s’efforce de coordonner l’action des
ONG sur le terrain : sous couvert de
cohérence, il s’agit bien là de soumettre
les organisations à la volonté de l’ONU.
Et dans beaucoup de pays occidentaux
qui s’étaient dotés depuis longtemps
de structures d’aide au développement
(Usaid,…), la distribution de l’aide
humanitaire grâce à des ONG soustraitantes
s’est banalisée. En France,
a été créé pour Bernard Kouchner un
secrétariat d’État à l’Aide humanitaire,
au service des intérêts de la France en
Afrique et ailleurs.
La situation de l’aide humanitaire
a donc radicalement changé depuis les
aventures solitaires des French Doctors
au Biafra, en 1970. Déjà, la famine de
1985 au Darfour avait attiré plus d’une
centaine d’ONG internationales de tout
acabit. On se souvient qu’à l’époque
déjà, les ONG – à l’exception de MSF –
avaient refusé de dénoncer la politique
d’extermination du dictateur Mengistu
Haile Mariam, pour ne pas être exclues
de la manne financière que représentait
la famine dans ce pays, par le biais d’opérations
médiatiques comme le Band Aid
de Bob Geldof.
De la professionnalisation
à la soumission
Lors de la crise du Darfour déclenchée
en 2003 par la contre-insurrection
du gouvernement soudanais face à une
rébellion locale, plus de 80 ONG sont
intervenues dans les camps de réfugiés,
pour venir en aide à plus de 2 millions de
déplacés. Mais ce grand carrousel humanitaire
était désormais financé pour plusieurs
milliards de dollars par les grandes
agences de l’ONU, l’Union européenne
et les États-Unis, sans autre résultat que
de figer la situation en évitant une intervention
militaire qui aurait permis le
retour de ces déplacés dans leurs foyers
et une solution durable à une crise qui
dure encore.
Et on pouvait encore entendre, lors
d’une réunion récente à Bangui, un haut
responsable d’ECHO annoncer aux
ONG et aux agences de l’ONU présentes,
que le Conseil de sécurité à New
York penchait de plus en plus en faveur
d’une partition de la Centrafrique. La
leçon qu’il fallait en tirer, de manière
subliminale, était qu’il ne fallait pas
s’opposer outre mesure à l’éradication
en cours de la communauté musulmane
de Centrafrique. À bon entendeur salut,
les ONG dépendantes des financements
européens sont incitées à ne pas faire de
zèle et plutôt faciliter les départs que tenter
de s’y opposer.
Cette dépendance à l’égard de financements
politiques a conduit à transformer
l’humanitaire d’un engagement
bénévole et idéaliste, en un secteur économique
florissant, compétitif et opportuniste,
avec de notables exceptions,
avec d’un côté de grandes ONG « historiques
» dont la renommée et la culture
assurent l’indépendance et la liberté
d’action. Ainsi l’association MSF qui
est aujourd’hui composée de 19 sections
mondiales, et a été distinguée en 2002
par le prix Nobel de la paix, gère un budget
de plus de 500 millions d’euros par
an, assuré à 99 % par des fonds privés.
En France, l’organisation s’appuie sur
un réseau de près de 380 000 donateurs
réguliers. C’est un choix délibéré de
MSF, qui préserve ainsi sa capacité de
réponse immédiate aux crises soudaines,
sa capacité d’anticipation et son indépendance
par rapport aux États et aux
agences internationales.
Mais cette liberté n’est pas préservée
sans que d’autres formes d’ingérence
puissent s’infiltrer dans les modes
opératoires et l’influence que les ONG
exercent à leur corps défendant sur
les sociétés d’accueil. Ainsi, même si
ces ONG venues du Nord apportent
avec elles une culture, des pratiques
professionnelles sociales et professionnelles
étrangères aux bénéficiaires de
l’aide, elles créent une sujétion et une
dépendance mentale à l’égard de leurs
méthodes et de leurs choix. Et même
si de plus en plus des volontaires du
Sud rejoignent ces organisations, à des
postes de spécialistes ou de responsables,
ce n’est plus l’intérêt à long terme des
bénéficiaires qui prime, mais l’efficacité
immédiate de l’action humanitaire.
Par exemple, au Darfour, le regroupement
des survivants des massacres a
facilité l’action humanitaire, qui a pu

12 • Le Magazine de l’Afrique • avril – mai 2014 avril – mai 2014 • Le Magazine de l’Afrique • 13
Dossier la nouvelle donne ingérence
De l’engagement bénévole à la professionnalisation
d’un acteur-clé des conflits, l’aide humanitaire est
prise au piège de l’instrumentalisation. Elle devient
une composante de la diplomatie. Par Marc Lavergne
La première ONG est la Croix-
Rouge, fondée par un groupe
de citoyens genevois à la suite
de la guerre de Crimée. Elle
est l’ancêtre du CICR de Genève,
organisation de droit privé dont le
statut international est reconnu par la
plupart des pays du monde, et par les
institutions internationales. À la suite
de la première, puis de la Seconde
Guerre mondiale, ont été créées des
agences internationales dépendant de la
Société des Nations, puis des Nations
unies. Leur mission est d’intervenir au
nom de la communauté internationale
pour apporter un secours aux victimes
de ces conflits mondiaux, puis de la
guerre froide et de la décolonisation :
Programme alimentaire mondial,
Haut-commissariat des Nations unies
pour les réfugiés, UNRWA, Unicef…,
aujourd’hui présents sur tous les
théâtres de conflits internationaux ou
de guerres civiles.
L’ingérence humanitaire est donc
un droit validé par l’ONU : droit des
peuples à disposer d’eux-mêmes, certes,
mais devoir d’assister les populations
en danger. Ce droit et ce devoir sont
inscrits dans la Déclaration universelle
des droits de l’Homme, dans les
conventions de Genève, ainsi que dans
les chapitres VI et VII de la Charte de
l’ONU. Ce dernier prévoyant les cas
et les conditions d’intervention d’une
force internationale pour contraindre
un gouvernement à cesser d’exercer des
violations de droits de l’Homme massives
à l’égard de sa propre population.
L’aide humanitaire,
entre droit
et devoir d’ingérence
Mais ces droits entrent en contradiction
avec l’autre principe fondamental
de l’ONU, qui est la défense de la souveraineté
éminente des États. Et leur mise
en application varie un peu trop souvent
en fonction de considérations opportunistes
et des intérêts des grandes puissances
qui dominent l’ONU, c’est-à-dire
les cinq membres du Conseil de sécurité.
D’un côté, les puissances occidentales,
pétries de culture judéo-chrétienne qui
met au premier plan les notions de justice
et de fraternité, de l’autre la Russie
et la Chine, jalouses de leur souveraineté
exclusive sur leur territoire et leur
population, et qui ne rechignent pas à
l’étendre par la force. Et, sur l’ensemble,
plane une bonne dose d’hypocrisie qui
consiste à éviter autant que possible de
s’immiscer dans les affaires intérieures
d’un État, au risque de créer un précédent
qui pourrait se retourner contre soi.
Au tournant des années 1990, avec
la chute du mur de Berlin et l’irruption
en force d’une nouvelle mondialisation,
est apparue une notion superlative, celle
non plus du droit d’ingérence inventé
par Grotius au XVIIe siècle, mais du
devoir d’ingérence, « inventé » par le
juriste international Mario Bettati, soutenu
par Bernard Kouchner, secrétaire
d’État français à l’Action humanitaire.
Au nom des droits de l’Homme, la
souveraineté des États serait, selon ses
promoteurs, mise sous le contrôle permanent
de « la communauté internationale
» et des associations représentatives
de la conscience mondiale. Cette avancée
supposée se heurte à des difficultés
d’application, qui tiennent à la question
de savoir qui détiendrait le pouvoir de
décider de l’opportunité et de la forme
des interventions internationales, et où
se cantonnerait désormais la notion fondatrice
des États qu’est la souveraineté.
Néanmoins, l’activation récente de la
Cour pénale internationale (CPI) est
une première forme de mise en oeuvre
de cette notion.
Les organisations humanitaires,
pionnières de l’ingérence
Les organisations humanitaires
qui interviennent dans les conflits ont
depuis longtemps, fondé leur action sur
un devoir d’ingérence humanitaire qui
prend la forme de traversées clandestines
des frontières pour accéder aux champs
de bataille et aux populations en danger.
Du réduit biafrais aux maquis angolais,
de l’Afghanistan occupé par l’Armée
rouge aux tranchées d’Érythrée, les
humanitaires ont depuis l’origine, violé
la souveraineté des États coloniaux ou
oppresseurs.
Mais cette liberté elle-même, qui fait
partie de la geste humanitaire, devient de
plus en plus illusoire. En effet, l’humanitaire
devient au fil des ans une composante
essentielle des relations internationales
au coeur des conflits et est de ce fait
soumis à des contraintes et des injonctions
auxquelles il lui est de plus en plus
difficile de résister.
L’humanitaire est devenu, soit un
complément essentiel des interventions
diplomatiques ou militaires sur
les conflits d’un genre nouveau apparus
depuis la mondialisation, soit un
ersatz d’interventions diplomatiques ou
militaires marquées par l’impuissance,
quand ce n’est pas l’indifférence. Parallèlement,
il s’est professionnalisé et ses
budgets ont explosé, qu’ils financent les
opérations elles-mêmes ou leur gestion
courante, marquée par un accroissement
exponentiel des moyens techniques
nécessaires. La tendance suit en
cela l’exemple de la débauche de moyens
mis en oeuvre par l’ONU et ses agences
spécialisées. Les moyens financiers des
donateurs privés d’Occident n’étant pas
illimités, la concurrence entre organisations
humanitaires s’est accrue pour
accéder aux donateurs privés : d’où la
mise en oeuvre de diverses stratégies
de communication, qui, parallèles ou
articulées avec celles des médias, visent
à sensibiliser l’opinion à l’occasion de
chaque crise « porteuse ».
Heureusement, de nouveaux guichets
de financement publics se sont
développés, et compensent l’épuisement
des bonnes volontés privées.
Ces nouvelles sources de financement
poursuivent, à travers l’aide qu’elles
accordent aux ONG, des objectifs
essentiellement politiques. Les règles
du jeu sont donc désormais radicalement
modifiées, puisque le concept
originel des ONG est battu en brèche.
L’abondance des fonds offerts a incité
à l’inflation de la création d’ONG qui,
dépourvues d’assise populaire ou professionnelle,
répondent aux appels d’offres
qui ne laissent plus place à l’initiative de
leurs membres.
ECHO, bras humanitaire de
l’Union européenne, alimente ainsi des
dizaines d’ONG soumises aux volontés
qui se dégagent de la nébuleuse bruxelloise,
tandis qu’à New York, OCHA
s’efforce de coordonner l’action des
ONG sur le terrain : sous couvert de
cohérence, il s’agit bien là de soumettre
les organisations à la volonté de l’ONU.
Et dans beaucoup de pays occidentaux
qui s’étaient dotés depuis longtemps
de structures d’aide au développement
(Usaid,…), la distribution de l’aide
humanitaire grâce à des ONG soustraitantes
s’est banalisée. En France,
a été créé pour Bernard Kouchner un
secrétariat d’État à l’Aide humanitaire,
au service des intérêts de la France en
Afrique et ailleurs.
La situation de l’aide humanitaire
a donc radicalement changé depuis les
aventures solitaires des French Doctors
au Biafra, en 1970. Déjà, la famine de
1985 au Darfour avait attiré plus d’une
centaine d’ONG internationales de tout
acabit. On se souvient qu’à l’époque
déjà, les ONG – à l’exception de MSF –
avaient refusé de dénoncer la politique
d’extermination du dictateur Mengistu
Haile Mariam, pour ne pas être exclues
de la manne financière que représentait
la famine dans ce pays, par le biais d’opérations
médiatiques comme le Band Aid
de Bob Geldof.
De la professionnalisation
à la soumission
Lors de la crise du Darfour déclenchée
en 2003 par la contre-insurrection
du gouvernement soudanais face à une
rébellion locale, plus de 80 ONG sont
intervenues dans les camps de réfugiés,
pour venir en aide à plus de 2 millions de
déplacés. Mais ce grand carrousel humanitaire
était désormais financé pour plusieurs
milliards de dollars par les grandes
agences de l’ONU, l’Union européenne
et les États-Unis, sans autre résultat que
de figer la situation en évitant une intervention
militaire qui aurait permis le
retour de ces déplacés dans leurs foyers
et une solution durable à une crise qui
dure encore.
Et on pouvait encore entendre, lors
d’une réunion récente à Bangui, un haut
responsable d’ECHO annoncer aux
ONG et aux agences de l’ONU présentes,
que le Conseil de sécurité à New
York penchait de plus en plus en faveur
d’une partition de la Centrafrique. La
leçon qu’il fallait en tirer, de manière
subliminale, était qu’il ne fallait pas
s’opposer outre mesure à l’éradication
en cours de la communauté musulmane
de Centrafrique. À bon entendeur salut,
les ONG dépendantes des financements
européens sont incitées à ne pas faire de
zèle et plutôt faciliter les départs que tenter
de s’y opposer.
Cette dépendance à l’égard de financements
politiques a conduit à transformer
l’humanitaire d’un engagement
bénévole et idéaliste, en un secteur économique
florissant, compétitif et opportuniste,
avec de notables exceptions,
avec d’un côté de grandes ONG « historiques
» dont la renommée et la culture
assurent l’indépendance et la liberté
d’action. Ainsi l’association MSF qui
est aujourd’hui composée de 19 sections
mondiales, et a été distinguée en 2002
par le prix Nobel de la paix, gère un budget
de plus de 500 millions d’euros par
an, assuré à 99 % par des fonds privés.
En France, l’organisation s’appuie sur
un réseau de près de 380 000 donateurs
réguliers. C’est un choix délibéré de
MSF, qui préserve ainsi sa capacité de
réponse immédiate aux crises soudaines,
sa capacité d’anticipation et son indépendance
par rapport aux États et aux
agences internationales.
Mais cette liberté n’est pas préservée
sans que d’autres formes d’ingérence
puissent s’infiltrer dans les modes
opératoires et l’influence que les ONG
exercent à leur corps défendant sur
les sociétés d’accueil. Ainsi, même si
ces ONG venues du Nord apportent
avec elles une culture, des pratiques
professionnelles sociales et professionnelles
étrangères aux bénéficiaires de
l’aide, elles créent une sujétion et une
dépendance mentale à l’égard de leurs
méthodes et de leurs choix. Et même
si de plus en plus des volontaires du
Sud rejoignent ces organisations, à des
postes de spécialistes ou de responsables,
ce n’est plus l’intérêt à long terme des
bénéficiaires qui prime, mais l’efficacité
immédiate de l’action humanitaire.
Par exemple, au Darfour, le regroupement
des survivants des massacres a
facilité l’action humanitaire, qui a pu
toucher plus de monde au moindre coût
(livraisons de nourriture) , mais il a aussi
facilité le contrôle sécuritaire par le pouvoir
de Khartoum qui avait commis ces
massacres, tout en déracinant durablement
la population, privée des moyens
de sa survie, de son bétail et ses champs.
L’indépendance des ONG vis-à-vis de leurs bailleurs de fonds s’est
réduite ; elles sont contraintes d’assumer un rôle de supplétif des
diplomaties ou des opérations militaires.



France Culture Culture Monde avec Stéphane Lacroix et Marc Semo (Libération) le 13 septembre 2013 sur les Frères Musulmans en Egypte à la suite du coup d’Etat militaire du 30 juin
28 mars, 2014, 3:47
Classé dans : Egypte,Non classé,Printemps arabe

Durant l’été, le réseau des frères musulmans a été assez largement mis à mal: plus d’un millier de personnes (essentiellement des partisans de Mohamed Morsi) ont été tuées et 2000 membres de la confrérie arrêtés…Plus récemment, la semaine dernière, le ministre de l’Intérieur Mohammed Ibrahim a réchappé à un attentat à la voiture piégée, et deux jours plus tard, une bombe était désamorcée sur une voie ferrée le long du canal de Suez.

Dans le Sinaï, les violences entre militaires et groupes islamistes armés ont fait plusieurs morts (mercredi dernier, par exemple, 6 soldats ont péri dans l’explosion de deux voitures piégées); il n’en fallait pas plus pour que les autorités décident, hier, de prolonger l’état d’urgence dans le pays.

(…)

http://www.franceculture.fr/emission-culturesmonde-table-ronde-actualite-internationale-2013-09-13



Egypte, Soudan, Kenya : Marc Lavergne à JOL Presse
28 mars, 2014, 2:38
Classé dans : Darfur,Egypte,Kenya,Printemps arabe,Soudan,Sud-Soudan
  1. M. Lavergne: «Pas de révolution de la diplomatie égyptienne avec M. Morsi»

    … a adopté un nouveau regard sur le pays. Marc Lavergne , directeur de recherche au CNRS, analyse pour JOL Press les … de la nouvelle diplomatie égyptienne ? Marc lavergne : Le nouveau pouvoir a toujours voulu être prudent et ne pas …

    Sybille de Larocque - 24.02.2014 – 16:52 – 0 commentaires

  2. Darfour: «La catastrophe perdure mais l’intérêt des médias diminue»

    … a empiré dans cette région du Soudan ?   Marc Lavergne  : Cette situation catastrophique ne s’est jamais arrêtée ces … du Darfour sur la situation actuelle ?   Marc Lavergne  : Le gouvernement de Khartoum est aujourd’hui très anxieux et …

    Anaïs Lefébure - 25.03.2014 – 07:10 – 0 commentaires

  3. L’Afrique de l’Est sous la menace des terroristes islamistes?

    … un vrai danger régional grandissant ?   Marc Lavergne : Avant tout, le problème de cette région est le chômage des … plus important qu’il y a 10 ans ?   Marc Lavergne : Il l’est dans la mesure où l’islam progresse : c’est …

    Romain de Lacoste - 27.02.2014 – 09:47 – 0 commentaires

  4. L’Iran et les Frères musulmans, une alliance pas si «contre-nature»

    … aux yeux des Iraniens  », expliquait alors Marc Lavergne, directeur de recherche au CNRS. C’est alors la question …

    Sybille de Larocque - 25.02.2014 – 07:09 – 0 commentaires

  5. «En Égypte, la révolution n’a pas encore commencé»

    … L’ambiance est encore révolutionnaire, et, pour Marc Lavergne, directeur de recherche au CNRS, cette révolution n’a d’ailleurs … menée par les Frères musulmans ?   Marc Lavergne : Du point de vue des Frères musulmans, cette première année de …

    Sybille de Larocque - 28.06.2013 – 09:27 – 0 commentaires

  6. Egypte: pourquoi ce n’est pas prêt de s’arranger?

    … leur pays et leur société  », expliquait Marc Lavergne, directeur de recherche au CNRS, avant la manifestation du 30 juin …

    Sybille de Larocque - 30.07.2013 – 06:09 – 0 commentaires

  7. Relations internationales: ces erreurs qui ne cessent de se répéter

    … au service de la diplomatie d’Obama M. Lavergne: «Pas de révolution de la diplomatie égyptienne avec M. Morsi» …

    Marine Tertrais - 14.07.2013 – 06:08 – 0 commentaires

  8. Tunisie, Égypte: pourquoi les islamistes ne sont pas parvenus à redresser leurs économies?

    … investisseurs et des touristes  », explique ainsi Marc Lavergne, directeur de recherche au CNRS. Au pouvoir, les Frères musulmans … néo-libéraux sur le plan économique  », explique Marc Lavergne. «  Sur le plan social, ils ne sont pas partisans de …

    Sybille de Larocque - 05.07.2013 – 06:08 – 0 commentaires

  9. Deux ans après sa révolution, où en est l’Égypte?

    … prendre encore plusieurs années. Marc Lavergne : « Pas de révolution de la diplomatie égyptienne avec Mohamed … sur la scène internationale. Et pourtant, selon Marc Lavergne , directeur de…  > Lire la suite de l’article   …

    Sybille de Larocque - 26.01.2013 – 07:14 – 0 commentaires



L’Egypte à la merci d’Al-Sissi, psychopathe et criminel
28 mars, 2014, 2:25
Classé dans : Egypte,Printemps arabe

Interventions media  mercredi 26 mars  et jeudi 27 mars 2014 .

Marc Lavergne a participé, mercredi 26 mars, à l’émission 28′ animée par Elizabeth Quint sur ARTE, sur le thème de la condamnation à mort expéditive de 529 islamistes par le tribunal de Minya en Egypte

http://www.arte.tv/guide/fr/049880-127/28-minutes/?vid=049880-127_PLUS7-F

Marc Lavergne, chercheur au GREMMO,  a participé jeudi 27 mars à l’émission Le débat animée par Vanessa Burggraf sur France 24, sur l’annonce de la candidature du maréchal Al-Sissi à la prochaine élection présidentielle égyptienne.

http://www.france24.com/fr/20140327-fr-le-debat-partie-2-egypte-al-sissi-presidentielle/

Marc Lavergne a été l’invité du journal de TV 5 Monde jeudi 27 mars sur l’annonce de la candidature d’ Abdelfattah al Sissi à la prochaine élection présidentielle égyptienne.

http://www.tv5mondeplus.com/emission/le-journal-afrique

 

 



Afrique de l’Est : islamisme = terrorisme ?
28 février, 2014, 16:39
Classé dans : Kenya,Somalie

Une réponse nuancée apportée à Jolpress le 26 février 2014, au retour d’une courte mission en Centrafrique :

http://www.jolpress.com/afrique-corne-est-kenya-islamistes-boko-haram-pirates-shebab-article-824663.html



Septembre 2013 : panique à Nairobi
23 décembre, 2013, 2:59
Classé dans : Kenya,Somalie
  1. Mon premier voyage au Kenya remonte à 1977 : La Communauté d’Afrique de l’Est était en train de se  saborder, et j’avais pris le dernier avion des East African Airways pour Arusha en Tanzanie.
  2. Mon deuxième voyage, avec Nadine B. , devait juste être un transit en direction de la Tanzanie pour un reportage sur le « socialisme africain » de Julius Nyerere.Le lendemain de notre arrivée,1er aout 1982,  réveil en fanfare, dans un petit hôtel de Nakuru. L’armée a pris le pouvoir, le président Arap Moi est entre ses mains, « situation is under control ». Le président s’est évadé et a repris le dessus après trois jours de massacres et de pillages dans la capitale : bilan 1800 morts au bas mot, surtout des étudiants, une répression féroce des Luo qui se réfugiaient en masse à Kisumu sur le lac  Victoria. Mais c’est à l’autre bout du pays que j’ai fait la connaissance des shifta (coupeurs de route) somalis, en cherchant refuge à Garissa, chef-lieu de la province du Nord-est, où l’on n’accédait qu’en convoi militaire…Et le bimoteur Piper Navajo  qui nous tira de la ville encerclée appartenait à des matrones somalies, qui siégeaient chaque jour sous un acacia au bord de la piste. L’avion transportait la drogue locale, la miraa, jusqu’en Somalie où les hommes attendaient avec leurs chameaux pour en ravitailler les campements.
  3. En juin 2002, j’arpentais les couloirs et les salons des grands hôtels de Nairobi, en tant que conseiller politique et juridique de la Joint Military Commission : une mission tripartite chargée de mettre en oeuvre le cessez le feu signé en janvier 202 entre gouvernement de Khartoum et SPLA dans les monts Nuba. Des séances souvent exténuantes et exaspérantes face aux représentants d’ONG activistes américaines, financées par la CIA, qui accusaient essentiellement  la JMC de partialité ; une advocacy stérile et confortable, genre « Kouchner », alors que les réunions avec la direction du SPLA étaient beaucoup plus sereines. Et comme notre mission dans les monts Nouba servait de test de la bonne volonté des deux parties, et bientôt de modèle de mise oeuvre d’un règlement,  j’assistais dans la petite ville tranquille de Machakos aux négociations secrètes qui allaient bientôt se déplacer à Naivasha et déboucher sur l’accord de paix global de janvier 2005. Mais ceci est une autre histoire…
  4. Tout cela pour dire que le Kenya, paradis de l’homme blanc, et en particulier Nairobi, est une poudrière et un coupe-gorge ; et que la question somalie, parmi tous les autres différends interethniques, n’est pas près d’être résolue. Et que les shebab ont fait preuve de beaucoup d’intelligence stratégique, en plus de compétences techniques, en choisissant Nairobi comme théâtre de leur exploit. Sans parler de la caisse de résonance qu’est ce centre névralgique de la présence néocoloniale et onusienne en Afrique. Et ceci ne vaut évidemment pas adhésion à leurs actions et à leur projet, contrairement à ce qu’a cru comprendre un commentateur mal avisé.
  5. 23 sept. 2013 –  Marc Lavergne voit dans l’assaut du centre commercial l’illustration de la prédominance au sein du groupe insurgé des ..
  6. .Les shebabs, cette autre menace djihadiste – Le Point    Armin Arefi -

www.lepoint.fr › International

  1. Attaque au Kenya: «Ce centre commercial, c’est les Twin Towers de 
  2. 23 sept. 2013 - MONDE - Marc Lavergne, chercheur au CNRS, spécialiste de la Corne de l’Afrique, répond à «20 Minutes» sur l’attaque menée par les 

www.20minutes.fr › Monde › Somalie

 



Sud Soudan : un Etat failli dès la naissance
23 décembre, 2013, 1:48
Classé dans : Soudan,Sud-Soudan

Mon premier voyage au Sud-Soudan remonte à 1983, à partir de Khartoum où je résidais. A l’époque, peu avant la reprise de la guerre contre le gouvernement de Khartoum, pas de liaisons aériennes régulières, évidemment. Je voulais me rendre à la mission MSF de Yéi, qui s’occupait des réfugiés ougandais et j’avais trouvé une place dans le Buffalo qui devait emmener le vice-président Joseph Lagu, ex-commandant en chef de la rébellion des Anyanya. Un avion tremblant de toutes parts, non pressurisé, dépourvu de sièges : on s’attachait le long de la carlingue avec des sangles, tandis que les bagages (y compris les chèvres et les poules) étaient entassés au milieu. Les deux pilotes yéménites, perchés dans la cockpit surélevé, contemplaient impavides la bousculade pour monter dans l’avion, et refusaient de décoller tant que le nombre des passagers ne serait pas redescendu à 44…Joseph Lagu, à  l’avant, penché sur sa canne, faisait semblant d’être ailleurs, pour ne pas être sommé de prendre par à la sélection de ceux qui auraient la chance d’être du voyage.

A suivre…

Quelques-unes de mes  interventions dans les media depuis le début de la crise à Juba.

 

http://www.lepoint.fr/monde/le-soudan-du-sud-pays-sans-etat-18-12-2013-1771762_24.php

 

http://www.bbc.co.uk/afrique/nos_emissions/2010/12/000000_lafrique_direct_generic.shtml

 

http://www.lavoixdelamerique.com/audio/audio/356130.html



Revue de presse de Marc Lavergne Le Caire-Nairobi-Khartoum septembre-octobre 2013
9 octobre, 2013, 0:33
Classé dans : audio,Egypte,Interview,Non classé,Printemps arabe,Somalie,Soudan,vidéo
  1. Egypte : « le régime continue de se livrer à une répression aveugle 

► 0:42► 0:42

www.youtube.com/watch?v=yCtW4HrP8HY

Il y a 2 jours – Ajouté par FRANCE 24

Au micro de FRANCE 24, Marc Lavergne, spécialiste de l’Egypte au CNRS, donne son analyse des 

  1. SOUDAN / ENTRETIEN: Marc Lavergne sur RFI: «Au Soudan, on a 

www.actus-france.fr/…/soudan-entretien-marc-lavergne-sur-rfi-au-souda…‎

29 sept. 2013 - Trois mille personnes ont à nouveau manifesté dans les rues de Khartoum ce samedi 28 septembre. Un mouvement contre la vie chère, contre 

  1. Encadré | Marc Lavergne : « C’est une guerre du business, pas 

www.bienpublic.com › Actualité › Encadré

23 sept. 2013 - Marc Lavergne Directeur de recherche au CNRS, spécialiste de la Corne de l’Afrique.

  1. Egypte : « L’escalade de la violence était attendue » – metronews

www.metronews.fr/info/egypte-l-escalade…/mmis!1SwyI6WNlPcAA/‎

19 sept. 2013 - INTERVIEW – La tension monte encore d’un cran en Egypte. Le chercheur du CNRS Marc Lavergne analyse la situation pour metronews.

  1. Les shebabs, cette autre menace djihadiste – Le Point

www.lepoint.fr › International

De Armin Arefi -

23 sept. 2013 - Au contraire, Marc Lavergne voit dans l’assaut du centre commercial l’illustration de la prédominance au sein du groupe insurgé des 

  1. Attaque au Kenya: «Ce centre commercial, c’est les Twin Towers de 

www.20minutes.fr › Monde › Somalie

23 sept. 2013 - MONDE - Marc Lavergne, chercheur au CNRS, spécialiste de la Corne de l’Afrique, répond à «20 Minutes» sur l’attaque menée par les 

  1. SOUDAN / ENTRETIEN: Marc Lavergne sur RFI: «Au Soudan, on a 

www.vobodo.com/soudan-entretien-marc-lavergne-sur-rfi-au-soudan-on…‎

28 sept. 2013 - googletag.cmd.push(function() googletag.defineSlot(‘/17067440/FR24_Bloc_EN’, [300, 150], ‘div-gpt-ad-1361206220411-0′).

http://www.rfi.fr/emission/20130926-guerre-contre-le-terrorisme-peut-elle-etre-gagnee

 

http://www.franceculture.fr/emission-culturesmonde-table-ronde-actualite-internationale-2013-09-13

 

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/egypte-l-armee-ne-cassera-pas-les-freres-musulmans_1274458.html



Au fil des événements d’Egypte juin-septembre 2013
26 septembre, 2013, 12:16
Classé dans : Non classé
  1. Marc Lavergne: «Morsi, une erreur de casting» – Leconomiste.com

    Au fil des événements d'Egypte juin-septembre 2013
    www.leconomiste.com/…/908614-marc-lavergne-morsi-une-erreur-de-ca…

    5 juil. 2013 - La situation est explosive en Egypte et risque de chambouler la géostratégie de toute la région. Marc Lavergne, géographe et politologue au 

    Vous avez consulté cette page.
  2. DECRYPTAGE – « L’Egypte ne se dirige pas vers la guerre civile 

    lci.tf1.fr › Monde › Afrique

    8 juil. 2013 - frères musulmans , mohamed morsi , egypte AfriqueMême si la situation se tend de plus en plus, Marc Lavergne, directeur de recherches au 

    Vous avez consulté cette page le 26/07/13.
  3. Egypte: « De la violence et des victimes, mais pas de quoi parler de 

    www.lexpress.fr/…/egypte-de-la-violence-et-des-victimes-mais-p…

    9 juil. 2013 - Cette escalade de violence doit-elle faire craindre une guerre civile? Les explications de Marc Lavergne, spécialiste de l’Egypte au CNRS.

    Vous avez consulté cette page le 26/07/13.
  4. Blog de Marc Lavergne

    marclavergne.unblog.fr/

    Géopolitique Egypte Soudan Monde arabe Corne de l’Afrique. Observations « participantes » de Marc Lavergne chercheur au CNRS / An insider’s view about 

  5. Égypte: le bras de fer continue entre Morsi et l’armée – FRANCE 24

    www.france24.com/fr/20120711-debat-partie-1

    11 juil. 2012

    Marc LAVERGNE, directeur de recherche au CNRS, spécialiste de l’Égypte; Robert SOLÉ, écrivain 

  6. Images correspondant à marc lavergne egypte

    Signaler des images inappropriées

    • il y a 6 jours
    • il y a 6 jours
  7. EGYPTE. « L’armée se bat pour conserver ses privilèges économiques »

    tempsreel.nouvelobs.com › Monde

    19 août 2013 - Marc Lavergne, directeur de recherche au CNRS, spécialiste du Moyen-Orient revient sur la situation explosive qui persiste en Egypte, après la 

  8. LAVERGNE Marc | Laboratoire GREMMO

    www.gremmo.mom.fr › Qui sommes-nous ? › Annuaire du personnel

    Marc Lavergne, Chroniques égyptiennes 2009 – 2010, CEDEJ, Le Caire. « Le goût amer de la défaite, ou le début d’un long chemin ? » Egypte, l’an 2 de la 

  9. Actualités correspondant à marc lavergne egypte

    1. metronews ‎- il y a 6 jours
      INTERVIEW – La tension monte encore d’un cran en Egypte. Le chercheur du CNRS Marc Lavergne analyse la situation pour metronews.
  10. info : Egypte: devons-nous agir ? – RMC.com

    www.rmc.fr › Info › Monde

    Le droit à l’erreur…

    16 août 2013 - Mais Marc Lavergne, directeur de recherche au CNRS et spécialiste de l’Egypte, ne croit pas à la moindre intervention. « Je crois que la 

    Vous avez consulté cette page le 15/08/13.
  11. Egypte : « L’armée n’hésitera pas à tirer sur les manifestants » – Afrik 

    www.afrik.com/egypte-l-armee-n-hesitera-pas-a-tirer-sur-les-manifestants

    5 juil. 2013 - Les récents heurts entre pro et anti-Morsi font déjà craindre un retour de la violence en Egypte. Joint par Afrik.com, Marc Lavergne, chercheur 

  12. Egypte: qui sont les militants « pro-Morsi »? – BFMTV.com

    www.bfmtv.com › International › Afrique › Egypte

    20 août 2013 - Selon Marc-Etienne Lavergne, les déclarations du pouvoir égyptien, qui qualifie les opposants de « terroristes », sont avant tout destinées au 



Péripétie somalienne
24 septembre, 2013, 15:48
Classé dans : Non classé

Depuis 3 jours, mobilisé – sollicité serait trop faible – par les médias de toutes sortes pour gloser sur la prise d’otages du Westgate à Nairobi. Réveil de souvenirs qui se mêlent au fil du temps :

- Djibouti, hiver 1971 ; c’est encore le temps de la Légion et du Territoire Français des Afars et des Issas. Après les émeutes des Somalis qui ont accueilli la visite du général de Gaulle en 1966, ça sent la décolonisation :  le changement de nom du territoire en est l’annonce. Mais la France maintient le calme en fermant les yeux et en favorisant le trafic et la consommation du qât : avec un copain pilote, nous chargeons chaque jour le Piper Aztec d ‘Air Djibouti des sacs plastique déchargés par les camions qui viennent de la gare : les branchettes fraîches arrivent de Diré-Daoua, et tandis que les douaniers tournent le dos, les sacs sont expédiés à l’aéroport. Puis nous faisons la tournée, d’Obock à Tadjoura, de l’autre côté du golfe, dans ce paysage minéral de massifs austères qui se mirent dans les eaux d’un bleu profond. A chaque halte il faut écarter la population massée sur la piste, pour prendre livraison de notre cargaison, tandis que les hélices tournent encore.

- un petit matin blême d’hiver en 1977, à Noël, parti à l’aventure avec Papa, sauté dans le dernier avion qui quittait le Kenya pour la Tanzanie – la communauté de l’Afrique de l’Est éclatait, et les frontières se fermaient : le bimoteur Cosmopolitan des East African Airways décollait pour la dernière fois pour Kilimandjaro Airport…On avait dormi au Pigalle Hôtel , rue Mama Kenyatta, je crois…le grand luxe !

Retour en 1982 avec Nadine pour aller faire un reportage sur la Tanzanie de Julius Nyerere, un engouement bien théorique pour le système Ujamaa… Nous avions les visas pour quitter le Kenya, mais pas pour entrer en Tanzanie. Nous décidons de tenter d’entrer en fraude, par la brousse,e t partons directement passer la nuit à Nakuru. Réveil en fanfare le lendemain, 1er aout : l’armée de l’air a fait un coup d’Etat et s’est emparée du président Arap Moi. On décide de tenter d’attraper un bus pour Kisumu, pour fuir les combats et les pillages à Nairobi : la radio tourne en boucle : « The situation is under control » entrecoupée de musiques martiales. Le patron de l’hôtel a baissé les grilles et cadenassé la porte d’entrée. Finalement il se résigne à nous laisser partir. mais à peine dehors, sur la grand place déserte, surgissent des jeeps chargées de soldats armés, qui tournent en rond sur le sable. Les balles sifflent, sac au dos, nous tambourinons aux portes pour qu’on nous laisse entrer . En vain, alors nous courons comme jamais je n’ai couru croyant à chaque instant sentir une balle me traverser le dos.

Notre épopée s’achèvera dans le territoire du Nord-est  aride peuplé de nomades somali et infesté de shifta : tout plutôt que Nairobi où l’armée loyale à Ara Moi, après l’avoir libéré, a fait un carnage parmi les étudiants et les Luo de Kisumu opposés au président, et les habitants des bidonvilles qui s’étaient rués en masse pour piller les magasins indiens du centre-ville.

A Garsten, nous prenons le bac qui traverse la rivière : pas de moteur, tout le monde tire la corde tenue en travers du fleuve. Nous interrogeons les chauffeurs pour trouver un lift vers Garissa : l’idée est de nous éloigner le plus possible des centres urbains, tant que la situation n’est pas stabilisée : la répression ba son plein à Nairobi et à Kisumu, nous entendons des histoires effrayantes… mais le pays vers lequel nous nous dirigeons n’est pas rassurant non plus : le pays somali, c’est le pays insoumis des pillards , les shifta, qu attaquent les voitures et les convois. Il y a un convoi hebdomadaire en cadré par l’armée qui emporte le ravitaillement des troupes. Il faut se glisser au milieu. Finalement, un Sikh enturbanné qui transporte des câbles enroulés à l’arrière de son pick-up, accepte de nous prendre . mais il nous prévient : les militaires sont aussi dangereux que les bandits, et comme ils ont peur d’eux, la protection militaire est illusoire, et ils vont vite nous dépasser pour se mettre  à l’abri.Bref, le chauffeur me demande de me tenir prêt  à prendre sa place s’il est abattu par un des shifta qui se cachent dans la forêt d’acacias au cœur de laquelle nous roulons, en remontant la rivière boueuse.

A suivre…

 


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