Observations « participantes » de Marc Lavergne chercheur au CNRS / An insider’s view about the course of events in the Middle East and the Horn of Africa

L’abandon de la population du Darfour, une nouvelle infâmie de l’ONU ?

Et une nouvelle stupidité de l’Europe ? ou l’inverse ? A mettre en relation avec la récente visite de  Le Drian, ministre de l’Afrique, à Khartoum, pour demander l’aide de Béchir pour empêcher les migrants de venir nous embêter. Contre quoi ? Mystère…

Un autre  Breton, Charles Josselin, ministre de la Coopération – c’est à dire de la prédation  de l’Afrique et du détournement des fonds publics français par des entreprises françaises en mal de contrats faciles -, me déclarait il y a une vingtaine d’années en aparté, après une émission sur le jihad dans les monts Nouba : « Ces Soudanais sont musulmans à 70 %, ils ont bien le droit d’avoir un gouvernement musulman ! ». Béchir et Tourabi à l’époque abritaient Ben Laden et tout l’appareil d’Al Qaida, Pasqua dealait Carlos avec les services du régime qui allaient tenter, l’année suivante, d’assassiner Moubarak…

Aujourd’hui on compte sur les mêmes pour sauver la Françafrique, avec toutes nos colonies du Tchad au Mali, bien mal en point avec nos Bat d’Af’ qui campent sur place depuis plus d’un siècle, face à des voyous des sables armés par Khartoum… Trop malins, les Français !

Pour en revenir aux Bretons, anciens colonisés de l’intérieur, je me demande s’il n’y aurait pas un intérêt à relancer la recherche anthropologique sur la dimension tribale de notre engagement africain, de Bolloré à Le Foll et j’en passe… Mais on est là, bien entendu,  très loin de Calais, où s’échouent les rescapés de notre aide au développement.

http://www.rfi.fr/emission/20171111-lavergne-cnrs-deplaces-darfour-renvoyer-condamner-mort

 

 

 



Stand Up de l’humanitaire à l’IRIS le 11/5/17
L’Observatoire des questions humanitaires de l’IRIS, a le plaisir de vous inviter à son 12e Stand Up de l’Humanitaire : 15 minutes de présentation pour 1h15 de débat afin de réfléchir ensemble, hors des sentiers battus et rebattus, à l’avenir de l’humanitaire.
  
« LES ONG HUMANITAIRES
EN VOIE D’EXTINCTION ? »
     
Avec la participation d’Éric BERSETH, directeur de Philanthropy Advisors et Vincent TAILLANDIER, consultant indépendant, ancien directeur d’opérations à Action Contre la Faim. Le débat sera lancé et animé par Michel MAIETTA, directeur de recherche à l’IRIS.
Jeudi 11 mai 2017, 18h30-20h30
Espace de conférences de l’IRIS *
Mon point de vue :
D’un côté les humanitaires aux dents longues, qui vous  parlent de start up, de parts de marché, de nouvelles technologies, de partenariat public-privé, de fondations d’entreprises, de jeunes loups contre les vieilles barbes, de pragmatiques contre idéalistes ; ça, c’est E. Berseth, avec son Philanthropy Advisors, qui dit tout : un nom anglais pour faire dynamique et mondialisé, un concept anglo-saxon qui recycle la charité chrétienne dans le business capitaliste  ( le modèle assumé est Bill Gates, l’empereur de la pierre philosophale) ; de l’autre, dans le rôle du punching ball has been, Bénédicte Hermelin, la « patronne » de Coordination SUD, droit dans ses bottes, défendant vaille que vaille l’humanisme, le devoir de solidarité et l’aide au développement. Et au milieu, Vincent Taillandier qui prédit la fin du modèle ONG face au défi des nouvelles technologies qui vont rapprocher donateurs et récipiendaires, et qui vont fracasser le modèle vertical des ONG mastodontes. En fait, ce fut un débat politique sans le dire, où il n’y pas grand chose en commun entre les différentes visions, sinon une illusion collective, et peut-être pas si naïve, sur l’efficacité et  même l’utilité, de l’action humanitaire. Une efficacité qui reste à évaluer dans l’absolu, comme en relation coût/résultats, mais qui est évidemment marginale et ponctuelle, quand elle n’est pas négative, dans tous les cas de figure : théâtres de conflits, bien sûr, mais aussi catastrophes naturelles. Derrière la passion des agences de l’ONU et des ONG pour les chiffres, les statistiques, les courbes, il n’y a qu’une obsession : l’argent, à tout prix et sous les prétextes, dans une guerre permanente et sans merci  pour l’accès aux ressources, mais une grande pudeur sur les résultats du point de vue des « bénéficiaires »…


Professionnalisation de l’humanitaire
23 octobre, 2015, 10:51
Classé dans : Action humanitaire

L’humanitaire se professionnalise t-il à l’excès ?

La réponse de Marc Lavergne au quotidien Le temps (Genève) en marge des Etats généraux de l’humanitaire (Annemasse, novembre 2014)

http://www.sawaconsulting.org/lhumanitaire-comme-tremplin-interview-de-marc-lavergne/



Les échecs des ONG humanitaires, une question tabou ?
20 septembre, 2015, 5:20
Classé dans : Action humanitaire

Article en ligne publié sur le site Grotius.fr, juillet 2015

Les échecs des ONG humanitaires, une question tabou ?

Marc Lavergne

Géographe

Directeur de recherche au CNRS

  1. Echec, erreur, tabou

Tentative de définition

A première vue, l’échec d’une opération humanitaire, c’est l’incapacité à atteindre l’objectif qui lui a été fixé. Elle peut être due à des erreurs imputables à l’ONG ; mauvaise évaluation des moyens à mettre en œuvre ou des difficultés à surmonter. Elle peut également être présentée comme imprévisible : évolution brutale et inattendue d’un conflit ou d’une catastrophe, dont l’ampleur ou la gravité oblige l‘ONG à se retirer. Ces échecs sont d’une conséquence variable, et il est donc impossible d’en dresser une liste exhaustive, même au niveau de chaque ONG ; il serait néanmoins précieux de pouvoir estimer leur évolution: c’est des échecs que l’on peut tirer les leçons qui permettent de progresser…

La question posée est donc double :

  • quels pourraient être les critères d’appréciation d’un échec ?

  • quelles sont les causes de ces échecs ? sont-ils évitables, dans quelles conditions ? sont-ils en diminution ou en augmentation relative ?

A y regarder de plus près, cependant, on peut se demander si la définition de l’échec est si simple : le retrait volontaire d’un terrain, pour ne pas contrevenir à la charte de l’ONG ou au DHI, est-il un échec ? Le changement de priorités d’une mission, pour mieux répondre aux conditions qui y prévalent, signe t-il un échec ? De même pour les accidents graves de sécurité qui frappent des volontaires…

Quant aux causes, elles sont souvent la résultante de multiples facteurs, qui vont d’une mauvaise appréciation de la situation (l’espace humanitaire) depuis le siège aux difficultés d’une équipe de terrain à faire face à des difficultés imprévues. Il est évidemment crucial de s’interroger sur ces échecs et de les analyser, surtout si l’on considère la montée rapide des niveaux de dangerosité auquel les ONG sont confrontées. C’est l‘exercice passionnant et précieux auquel s’est livrée l’équipe du CRASH à MSF avec l’ouvrage « Agir à tout prix ?» : avec la collaboration des acteurs de terrain, celui-ci reprend l’enchaînement des décisions et des situations qui ont conduit des opérations à l’échec. Si cet exercice de vérité permet d’explorer les contextes du moment et du lieu où ces interventions se sont déroulées ou ont échoué, il n’est cependant pas directement transposable, dans la mesure où le fonctionnement des missions de MSF présente un cas à part dans l’humanitaire français et même international, du fait de son indépendance à l’égard des bailleurs de fonds institutionnels.

En effet, dans d’autres ONG, l’échec peut être signifié par le bailleur de fonds, dont le couperet est toujours suspendu au-dessus de la tête de l’ONG : l’échec peut être là non pas de ne pas avoir réussi à remplir sa mission sociale, mais de ne pas avoir répondu aux attentes du bailleur de fonds, qui peuvent être différentes en quantité comme en qualité, des capacités ou des choix de l’ONG récipiendaire des fonds. Et a contrario, le succès peut se trouver réduit au renouvellement du contrat…

De l’échec au tabou

Pour en revenir à la question du tabou qui entourerait les échecs, on peut avancer qu’un échec n’est jamais un titre de gloire. Mais elle renvoie à  (suite…)



Le Magazine de l’Afrique • avril – mai 2014 L’aide humanitaire entre droit et devoir d’ »ingérence
8 avril, 2014, 23:54
Classé dans : Action humanitaire,Darfour,SOUDAN,Sud-Soudan

De l’engagement bénévole à la professionnalisation
d’un acteur-clé des conflits, l’aide humanitaire est
prise au piège de l’instrumentalisation. Elle devient
une composante de la diplomatie. Par Marc Lavergne

La première ONG est la Croix-
Rouge, fondée par un groupe
de citoyens genevois à la suite
de la guerre de Crimée. Elle
est l’ancêtre du CICR de Genève,
organisation de droit privé dont le
statut international est reconnu par la
plupart des pays du monde, et par les
institutions internationales. À la suite
de la (suite…)



Monde arabe : chercheurs et acteurs humanitaires, quelles complémentarités ?
18 octobre, 2011, 9:42
Classé dans : Action humanitaire,INTERVIEWS RADIO

darfour001elgeneinaveilledudpartlquipeaucompletaveccicordonbleudepassage.jpglecaravandemsflescale.jpgtournedevaccinationrougeolemsfauouestdarfour244263212sigigadarfour2004.jpgunrefuelingparfoisproblmatiqueprioritauxbombardiers.jpgEnregistrement audio 12 minutes

Monde arabe : chercheurs et acteurs humanitaires, quelles complémentarités ? dans Action humanitaire wma Intervention au séminaire du GREMMO « Chercheurs et acteurs de l’humanitaire aujourd’hui », Lyon


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